Remettre l’humain au cœur
des projets d’un territoire
La passerelle des vallées est une association et un Espace de Vie Sociale (E.V.S). A ce titre, elle a reçu un agrément de la CAF et peut percevoir des subventions de la Caisse d’Allocations Familiales et de la CAPCA (Communauté d’Agglomérations Privas Centre Ardèche).
C’est dans son local aux Ollières que nous rencontrons Nathalie Mallet-Torrès, une des salariées de la Passerelle. Arrivée en Ardèche en 2002 comme coordinatrice en Formation Professionnelle pour Adultes, Nathalie a été maire de St Etienne de Serres de 2014 à 2020. Elle est toujours conseillère municipale, mais se consacre désormais essentiellement à la Passerelle.

Comment s’est créé cet espace de vie sociale ?
« Il n’y avait rien comme centre social dans la vallée de l’Eyrieux. Avec une équipe motivée, nous avons décidé de faire une enquête pour déterminer les éventuels besoins de la population locale dans ce domaine. Nous avons rendu un diagnostic en 2020 et l’association a été créée en 2021, recevant l’agrément de la CAF.
Notre objectif était, à l’origine, de permettre à tous un accès digne à une alimentation qui soit locale, de qualité et respectueuse de l’environnement. Au cours de notre enquête, nous nous sommes aperçu que les enjeux d’isolement, de mobilité et de mixité sociale étaient au moins aussi importants que la question alimentaire. Voilà pourquoi les actions de la Passerelle ne se limitent pas à ce domaine, mais ont aussi pour but de créer du lien entre les gens et entre les villages de la vallée et alentour. Sur nos 168 adhérents, il y a 145 bénévoles ! Chacun donne à la hauteur de ce qu’il peut. »
Parlez-nous de ces actions ?
« Dans le domaine de l’alimentation, nous avons mis en place dès le début les paniers solidaires : une fois par semaine, une caisse de légumes et une boîte de six œufs sont proposées aux personnes inscrites. Nous faisons environ 30 paniers par semaine sur une centaine d’inscrits. Il n’y a pas d’engagement comme dans une AMAP. Les gens donnent ce qu’ils veulent et l’association met la différence. Un panier est payé 13€ au producteur. Beaucoup de personnes donnent plus, par solidarité. Le secours catholique a soutenu cette action au départ et nous avons été lauréats d’un appel à projet « Mieux manger pour tous ».
Nous avons aussi les marmites partagées : ce sont des ateliers de cuisine itinérants, une ou deux fois par mois. Un menu est défini au préalable avec les gens du lieu, à base de produits locaux. Puis on passe une journée à cuisiner ensemble et on partage le repas. On tourne comme ça sur 18 communes autour de la vallée de l’Eyrieux. On a un food-truck tout équipé.
Il y a encore les bocaux solidaires : des producteurs nous appellent quand il y a possibilité de glaner des fruits ou légumes en surproduction. Des bénévoles vont les cueillir et les transformer à l’atelier Le Bateleur à St Pierreville. Toutes les conserves sont vendues au prix de base d’un euro. Les personnes plus à l’aise financièrement donnent ce qu’elles veulent à partir d’un prix minimum affiché.
N’oublions pas les cafés-papotes ! Proposés tous les mardis matins et mercredis après-midis au local, ils sont des moments précieux de partage et de convivialité.
On est un outil d’éducation populaire en transmettant des savoir-faire, des connaissances dans un principe de solidarité. Depuis novembre 2024, Estelle a rejoint l’équipe et travaille à temps partiel comme animatrice socio-culturelle. Cela permet à la Passerelle de proposer des ateliers et des activités qui vont dans le sens du « Vivre ensemble » : coordonner les actions de diverses associations, mettre en lumière les projets positifs du territoire, éditer un journal des bonnes nouvelles – Lo Plancho- proposer des ateliers pratiques de couture, de danse ou de yoga, selon les demandes émanant de la population. Le but est de permettre à chacun de pratiquer une activité de son choix, de développer la capacité d’agir des habitants.
Et vous, Nathalie, qu’est-ce qui vous motive personnellement dans cet engagement ?
« Je suis engagée depuis l’adolescence et militante dans les associations. Ce qui me booste, c’est d’agir sur mon territoire, d’aider à l’émergence de projets, de créer du lien en sortant de l’isolement et du jugement. En un mot de faire en sorte que l’on « fasse société » les uns avec les autres, dans le respect de nos différences et la bienveillance. J’aimerais que ce genre de lieu essaime et inspire d’autres créations. »
Et pour l’avenir des associations de solidarité ?
« Les solidarités locales ont de l’avenir, elles vont être de plus en plus importantes. Je pense à la précarité alimentaire, que je ne m’attendais pas à trouver ici, en zone rurale ; précarité et mauvaise qualité de l’alimentation. On voit aussi une accélération des problèmes de santé mentale et d’addiction, des violences intrafamiliales également en hausse de façon inquiétante. Le contexte social actuel est dur. Je suis convaincue qu’une alimentation saine est la première brique pour un état de bonne santé. Les autres briques sont d’avoir des relations sociales apaisées et de libérer la parole sur les tabous. »
Contact : La Passerelle des Vallées, 127 Grande Rue, 07360 Les Ollières sur Eyrieux
Tel : 06 98 55 88 83
Mail : lapasserelledesvallees@gmail.com
