Rencontre avec Clémentine Jolivet

Rencontre avec Clémentine Jolivet

Au bout d’un chemin de terre, au milieu des bois, c’est chez elle, dans sa maison en pierre, que nous avons rencontré Clémentine. Après avoir beaucoup bougé en Savoie et dans la région de Lyon, où elle a dirigé pendant sept ans la compagnie théâtrale Sisma, Clémentine est venue s’installer en Ardèche suite à un coup de cœur pour les paysages, et particulièrement pour cet endroit.

Ce choix correspondait à un changement de vie : Clémentine avait envie de se renouveler dans sa pratique artistique, de sortir de l’anonymat et de prendre sa place, en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne. Elle a ressenti un bon accueil, même de la part des gens “de souche”, un a priori positif, de la curiosité.

“ La première pierre à l’édifice, c’est l’intérêt que vous portent les gens, nous dit-elle. Le lien social est plus fort ici, et on est enfin en train de sortir de l’idée qu’il n’y a qu’en ville qu’une vie artistique peut se développer.”

Elle a donc créé en 2019 une compagnie de théâtre : “Les Aubes Sauvages”, dont le siège social est à Vernoux. Elle a reçu un important soutien de la part de la municipalité de Vernoux, du département de l’Ardèche et du lieu culturel du Trouillet à Alboussière. Sa rencontre avec le collectif Odette a été également une aide précieuse lors de son arrivée.

Une compagnie théâtrale à Grozon, il fallait y croire ! Ils sont huit dans la compagnie, six femmes et deux hommes. Ils sont plus ou moins dispersés dans la région, ils sont intermittents du spectacle ou autoentrepreneurs ; il y a également une salariée pour la coordination, l’administratif et les relations publiques.

Pourquoi ce nom : Les Aubes Sauvages ?

“Parce que l’aube est le moment de la journée où tout recommence, où tout est possible ; et sauvage pour veiller à garder notre créativité bien vivante. Ici, il y a vraiment de très beaux lieux pour organiser des stages et le lien avec les rythmes naturels est important dans notre pratique. On a envie de développer localement tout ce qu’on propose, en étant ouvert sur l’extérieur, car ce n’est pas forcément viable si on ne reste que sur le secteur. Le brassage entre gens d’ici et artistes de nos réseaux respectifs est très intéressant et très riche.”

Clémentine aime comparer la compagnie des “Aubes Sauvages” à l’équipage d’un bateau : chacun-e a sa place, son rôle, indispensable à la bonne marche de l’ensemble, avec des temps réguliers de concertation, des formations en interne pour définir chacun-e ses compétences, sa vision du projet, se découvrir dans sa relation aux autres. “ C’est un modèle de fonctionnement en groupe qui devrait être exporté dans le milieu professionnel, mettre l’humain et la personne en priorité !”

Outre ses propres créations, la compagnie organise des stages, propose à d’autres troupes ou artistes un accompagnement à la création, réfléchit à de nouvelles formes de spectacle. Des ateliers et des stages d’auto-louange sont également animés régulièrement au sein de la structure.

“L’auto-louange”, c’est quoi, en quelques mots ?

“ C’est une exploration et une célébration de qui on est, avec une expansion volontaire, pour aller à l’encontre de la modestie qu’on nous a toujours enseignée, particulièrement à nous, les femmes. C’est assumer le fait de dire “je” et prendre sa juste place. Partir de soi, de ce qu’on a d’unique, aussi bizarre et décalé que cela puisse paraître et se relier aux autres, se reconnaître comme des alliées, des sœurs. Ce travail prend encore plus de sens en ce moment”. Sur le site de la compagnie, on peut s’offrir ou offrir à quelqu’un une auto-louange.

Et si le choix de s’installer à la campagne était à refaire ? Oui, oui, sans hésitation !

Contact: Toutes les infos sur le site : www.lesaubessauvages.fr

Mail : clementinejolivet@yahoo.fr

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