Oser y croire
C’est en vélo, ses beaux cheveux cachés sous son bonnet, qu’elle est venue nous retrouver.
Anne Crahay ou Néanne, est une artiste atypique. Elle a été traductrice en italien mais, au bout de dix ans, cela n’avait plus de sens pour elle.
Elle avait également suivi des cours du soir aux Beaux Arts en Belgique, en dessin et peinture. Quand elle découvre les mandalas, c’est, pour elle, une rencontre de toutes ces techniques. Cela la fait ”vibrer ”.
Elle s’est intéressée à la spiritualité bouddhiste, a fait des formations de développement personnel, yoga sacré et mandalas…Elle ressentait le besoin de passer d’un travail intellectuel à un travail manuel.
C’est un week-end de numérologie védique, qui associe des chiffres à des formes, qui a été le point de bascule. “ ça a fait pouf dans ma tête !” nous dit-elle. Elle se lance, crée des mandalas à partir des formes associées à la numérologie. Elle commence à exposer. Le mandala restera son fil rouge.
Depuis toujours, Néanne a une imagination et une créativité fertiles, du style “ mille idées à la minute”. Elle adore expérimenter: peinture abstraite, vitrail, peinture au brou de noix, lanternes et ses fameuses lampes-cocons. Actuellement, elle prépare une série de masques. Ses mandalas sont aussi en vente sous forme de médaillons et de cartes.
Elle a travaillé de préférence dans des lieux qui avaient du sens pour elle : écoles, foyers, ressourceries. Mais elle ne pouvait pas créer en même temps, et cela était source d’angoisse et de frustration pour elle.
Elle propose des ateliers de mandalas coopératifs qui allient créativité, co-création ainsi qu’une part d’invisible. La dynamique du groupe est très riche. Néanne ne verbalise pas, elle a un rôle d’accompagnatrice où elle transmet quelque chose qui participe à une dimension thérapeutique. Elle a suivi une formation pour être animatrice d’ateliers créatifs en milieu de santé mentale. C‘est ce qu’elle voudrait développer, car on touche ainsi au côté thérapeutique de la pratique artistique, mais elle ne se présente pas comme thérapeute.

Une des principales difficultés, c’est que les mandalas sont souvent connotés, soit c’est du coloriage ou, à l’opposé, un truc trop “perché”. Ce n’est pas valorisé et c’est souvent difficile d’en vivre. “ Et puis, je ne sais pas me vendre !” ajoute-t-elle.
Mais elle reçoit un soutien précieux dans les rencontres et les échanges avec les personnes lors des ateliers collectifs et des expos. Un mécène l’a même aidée pour se lancer dans des salons. Peu d’hommes s’intéressent aux mandalas. C’est plus un monde de sororité faisant appel à la sensibilité féminine.
Néanne a choisi de vivre en zone rurale pour fuir la ville qu’elle ne supporte pas et pour la qualité de vie, même avec très peu de moyens financiers. C’est un choix, elle en accepte les contraintes. Elle n’a pas de voiture, il ne fait pas toujours très chaud chez elle et elle mange souvent des pâtes !
Mais ce qui la porte : “ C’est le sentiment de liberté, d’être utile en apportant de la beauté dans ce monde, de créer du lien vers du non-matériel. Oser croire en ce qui est important pour moi !”
Son rêve, ce serait d’être artiste la moitié de l’année, en continuant à faire ses mandalas et ses ateliers coopératifs, avoir des expositions et pouvoir en vivre. Et l’autre moitié de l’année ? Partir marcher !
Contact : E-mail : neanne.atelierphi@proton.me
Tél : 06 40 36 25 67
Site : www.atelierphi.fr
